Dis, tu te souviens?
Nous nous sommes aimés. Puis déchirés. Puis aimés. Puis déchirés. Puis aimés...« Attends-moi... »
Des gémissements. Douleur, plaisir ? Aucune idée. Je m'approche. Je colle mon oreille contre la porte. Plus aucun doute, ça vient de là. Tremblant, j'hésite. Je pose la main sur la poignée nacrée. Dire que j'ai peur serait faible. Je suis terrorisé. Doucement, le plus lentement et humainement possible, je tourne la poignée. Que vais-je trouver derrière cette porte? Les bruits produits par cette voix que je connais par c½ur, qui hante mes jours et mes nuits me terrifient. Doucement, j'entrouvre la porte. J'essaie de ne pas faire de bruit. Il ne faut pas que la porte grince. Il ne faut pas que le parquet craque. La pièce est sombre. Quelques bougies l'éclairent. Je les vois, mais la porte me cache encore la source de ces bruits. Prenant mon courage, ou du moins ce qu'il m'en reste à deux mains, j'ouvre la porte d'un coup. Cela ne semble pas le troubler. Je m'avance lentement. Il a les yeux à demi-ouverts, devant moi. Il est pâle, et dans cette robe moyenâgeuse il ressemble à une poupée de porcelaine. Il est assise comme le sont les poupées, sur ce fauteuil. Il ne bouge pas, la bouche légèrement entrouverte. Il lève à peine les yeux vers moi, et dès que je croise enfin son regard, je note le silence qui règne. Je fais un pas de plus et aperçoit enfin la raison de ses bruits. Dans sa main blanche entrouverte, je vois une lame. Sa manche est remontée, et du sang coule de son poignet, lentement mais sûrement, comme les gouttes le long de la fenêtre, comme les larmes sur mes joues. Le corps à corps a été trop violent cette fois. Je sais que je ne peux rien y faire. Mécaniquement, je m'assois à ses pieds, toujours en pleurs. Il lève trop lentement sa main, la pose sur ma tête, que j'ai posée sur ses genoux. Il bouge ses doigts faiblement dans mes cheveux, comme j'aime tellement... Je le regarde tristement, les yeux embués. Sur ses lèvres se dessine un tout petit sourire. Il est froid. J'ouvre les lèvres pour laisser s'échapper un cri. Il ne bouge plus, ses yeux sont vides. Peu à peu, le sang goutte plus faiblement, pour finalement s'arrêter. Je ferme ses paupières, lui glisse un ' je t'aime' et un ' j'arrive, ne t'en fais pas '. Oh oui, je l'aime. Oui, j'irais le rejoindre... Il est si beau, on le croirait endormi sans le sang par terre. Je mourrais la tête sur ses genoux, sa main dans mes cheveux. Parce que je l'aime. Je garde cette médaille autour du cou. Je te rejoindrais, mais je dois d'abord tuer ceux qui ont détruit mon c½ur, te rendant dans cet état ... Je leur briserai le c½ur, sois-en sûr. Je lance un dernier regard sur cette magnifique poupée de porcelaine que tu es devenu. 'Attends-moi'... Je vais te rejoindre maître. Et je te bouderais pour m'avoir abandonné. Je serais avec toi pour l'éternité. Je t'aime, Izu.
Pour Izu.
Avec tout l'amour d'un animal de compagnie.
Je t'aime.
Umbre.
Ca me semble si lointain... Pourtant, ce n'est pas si vieux, quand je t'ai écrit ça... Dire que notre amour part d'un manga et d'une rumeur... Je t'aime. Et ce que je dis est toujours vrai. Je le ferais. N'oublie pas. J'peux pas vivre sans toi.
Tu m'es plus indispensable que cet
oxygène dans mes
poumons, que ce
sang dans mes
veines.